Yannick Nézet-Séguin : « Je me transforme en insecte pollinisateur »

Le chef d’orchestre, nommé au Met, dit s’enrichir dans chaque maison où il officie.

A 42 ans, le chef d’orchestre canadien Yannick Nézet-Séguin est à la tête de quatre orchestres, dont deux parmi les plus convoités de la planète : l’Or­chestre philharmonique de Philadelphie, l’un des fameux « big five » américains, dont il est directeur musical depuis 2012, et le non moins prestigieux Orchestre du Metropolitan Opera de New York, où il a été nommé, en juin 2016, à la succession du maestro James Levine. Mais c’est avec son Orchestre métropolitain de Montréal qu’il a achevé à Paris, ­début décembre, une première et fructueuse tournée européenne.

Avec l’Orchestre philharmonique de Rotterdam, qu’il dirige depuis presque dix ans, il sera de nouveau dans la capitale, le 18 décembre, cette fois au Théâtre des Champs-Elysées. Nous avons rencontré « Yannick » quelques heures avant le concert du 3 décembre à la Philharmonie de Paris.

Vous êtes aux manettes de quatre orchestres, sans compter ceux qui vous invitent régulièrement. N’est-ce pas trop ?

Je ne crois pas, d’autant que ­j’effectue ma dernière saison à Rotterdam et que mon plein-temps à New York ne débutera qu’en 2020, même si le poste réclame déjà beaucoup de travail. J’irai même plus loin : aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces différents ancrages sont pour moi des pôles de stabilité. A 42 ans, j’ai moins envie de passer ma vie dans les aéroports.

Il vous faudra pourtant, à partir de 2020, faire l’aller-retour ­entre New York et Philadelphie. Comment passe-t-on d’un ­orchestre à l’autre ?

Chaque orchestre enrichit ma vision d’une œuvre et me transforme un peu en insecte pollinisateur. Quand je fais la Neuvième de Bruckner avec le Philhar­mo­nique de Vienne, j’incorpore une tra­di­tion que j’apporte ensuite à l’Orchestre de Philadelphie tout en gardant les couleurs spécifiques de chacun – question cruciale à l’heure de la mondialisation. L’orchestre du Met ne sonnera donc pas comme celui de Philadelphie,...

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« Partout où il passe, le maestro québécois fait l’unanimité »

P. Therrien, Magazine Forces